16.02.2012

Expo : Atelier des Pentes 17 au 25 mars 2012

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Artiste Peintre

Gérard Marchand

ou le regard ébloui

 

« Quand j’ai fait un tableau, je n’ai pas écrit une pensée.

C’est ce qu’ils disent. Ce n’est pas si simple ! »

Eugène Delacroix

 

La couleur est à la peinture ce que l’émotion est à la vie psychique : une victoire de la matière sensuelle contre le vide du formalisme. Voilà pourquoi, peut-être, Gérard Marchand se concentre tant sur la qualité de ses fonds et la variété de ses lumières – comme si, de leur vie même, pouvait surgir une sorte de réalité charnelle à mi-chemin entre le fantasme et le souvenir.

 

Car tel est le mystère auquel nous confronte toute peinture authentique ; autrement dit, toute peinture qui ne prétend pas être la présentation d’une idée ou d’un concept, mais bien le surgissement d’une image qui soit pour le peintre comme le double complice de sa propre intériorité. Gérard Marchand nous le confesse d’ailleurs, avec un brin d’ironie : « quand je peins, je ne plonge pas au fond de moi-même, ni moins encore dans mon inconscient, mais dans un autre lieu ; dans une vie parallèle à la mienne – dans un être qui me ressemble, mais qui n’est pas moi ». 

 

Peuplé de femmes, le plus souvent dévêtues ou sur le point de l’être, l’univers de ce peintre poète s’apparente à celui d’un Modigliani (pour le traitement des visages) ou d’un Degas (pour le choix des sujets). Mais, à la différence de ces deux artistes, l’œuvre de Gérard Marchand appose sur le corps de la femme comme une sorte de voile transparent – rendant ainsi à ses modèles la part d’ombre et de lumière sans laquelle il ne saurait y avoir d’érotisme des couleurs.

 

 

 

Frédéric-Charles Baitinger